Entête

LES PIEDS SUR TERRE

 

Théâtre de Belleville
16 passage Piver
75011 Paris
01 48 06 72 34

Jusqu’au 30 avril
Mercredi 21h15, jeudi 21h15, vendredi 21h15, Samedi 21h15
et le lundi 7 et vendredi 11 à 14h.
Relâche le samedi 5 avril.

 

Les Pieds sur terre loupe

 

 

Né en 1963 à Saint-Étienne, Gilles Granouiullet creuse son sillon : s'il répond ici à une commande de la Cie Hercub', sa préoccupation reste le social, l'individu face au monde du travail, qui l'opprime le plus souvent. Ici, un nommé Moreau, dûment qualifié mais déclassé socialement, suite à un changement de situation personnelle, doit accepter une place de vigile dans un grand magasin. Surprend-il une caissière, une certaine Mme Dos Santos  à voler, malgré le fait qu'elle habite son immeuble et ait été la nounou de sa fille, il l'isole, l'interroge, elle signe même des aveux.

Ladite fille, Suzanne (qui prépare son bac) ne se fait pas faute de le lui reprocher. Le père et la fille oudrissent alors une combine des plus désastreuses pour amener le patron, M. Jeancolas, à passer l'éponge. Ces deux bras cassés, plus pitoyables que retors, sont visiblement dépassés par les événements; le fait que le père ait reçu (ou cru recevoir) la visite de Saint Mathieu, n'est pas fait pour arranger les choses.

Après un début à la Pirandello, les personnages nous avertissant que cette histoire est la leur et qu'il vont nous la conter dans le détail... et une fin assez similaire, l'intrigue se déploie dans un décor astucieux. Le dialogue fonctionne. Les interprètes sont très bien : Érine Serrano (en Suzanne) est spontanée et extrême dans ses emportements ou son découragement. Bruno Rochette a l'intelligence de ne pas en faire trop : de nourrir son personnage de sa sensibilité. Sa raideur, ses petites toux, le sens de l'honneur qu'il tient à faire triompher composent un vigile attachant.

Tonique, truculent, Philippe Awat se taille un petit succcès, tant en Saint-Mathieu qu'en patron saisi, in fine, par la grâce.

Peut-être pourrait-on chipoter en suggérant que la scène finale ne s'imposait pas vraiment. De même, il y a des sauts dans le temps gratuits et les comédiens adoptent parfois vis à vis du public, un ton professoral que rien ne justifie.

Mais ne boudons pas notre plaisir de voir ici une comédie sociale... on peut penser à du Ken Loach mâtiné de Marcel Aymé pour l'élément fantastique. La fin surprend mais on se dit qu'elle est si bien venue que l'auteur aurait eu tort de s'en priver.

Gérard Noël

 

Les Pieds sur terre

de Gilles Granouillet.
Mise en scène : Michel Burstin, Bruno Rochette, Sylvie Rolland

Avec : Bruno Rochette, Sylvie Rolland, Erine Serrano et Philippe Awat.

Assistante mise en scène : Laetitia Leroy
Scénographie : Thierry Grand
Son et musique : Pascale Salkin
Costumes : Alexandra Langlois
Lumières : Vincent Tudoce