Entête

SMARRIMENTO

 

Semaine italienne le 15 octobre Au Théâtre du Balcon – Avignon

 

Smarrimento loupe 

 

Sur la scène, un bureau de travail, un fauteuil dans lequel une femme est à la recherche de son inspiration et apparemment c’est le vide absolu, un vide insondable dans lequel elle plonge, mais  rien ne vient-elle sombre sans que rien ne lui vienne en aide.

Lucia Mascino la comédienne incarne à la perfection cette âme en déroute, interpellant parfois le public, des fois qu’il soit une aide ! mais elle a beau évoquer mari et enfants rien ne vient.

Lucia Calamaro met en scène avec sobriété cette âme perdue, lui laissant le champ libre pour ses nombreuses interrogations.

Mais elles ne sont porteuses d’aucun résultat car son mal est ailleurs. Le syndrome de la page blanche pour un auteur, c’est la peur de mal faire qui juge toutes les idées insuffisantes et sans intérêt. C’est le blocage devant cette page qui reste infiniment blanche. Que faire ? mille propositions existent mais quand on bloque on n’arrive pas à débloquer, faut tout mettre à zéro, il faut se séparer de ce qu’on a écrit et repartir sur du neuf.

La comédienne qui joue l’autrice nous transmet bien son mal être, son impossibilité d’écrire, elle tourne en rond. Elle a beau chercher rien ne vient c’est un cerveau plat où aucun personnage ne transparaît. Et on la suit dans son mal être, dans sa quête d’inspiration.

Elle a beau faire ressurgir tous les personnages de ces anciens romans, ils ne portent aucun nouvel espoir. Ses éditeurs derrière elle espèrent un redémarrage pour renflouer les avances faites, peine perdue, elle reste bien incapable de faire surgir la moindre idée. Une belle démonstration du vide chez un auteur.

Jean Michel Gautier

 

Smarrimento

texte et mise en scène Lucia Calamaro

avec Lucia Mascino

costumes Stefania Cempini