CENDRES DE MARBELLA

 

Artéphile
5 bis rue Bourg Neuf
84000 – Avignon

du 7 au 27 juillet

à 16h25

 

Cendres de Marbella loupe 

 

Il est là devant nous assis dans son fauteuil roulant nous exposant ce que fut sa vie, la vie dans la cité, les espoirs d'un gamin, les espérances, les envies de vivre. Le désir de se sortir de sa situation, de devenir quelqu'un, de quitter le quartier dans un autre costume.

Il est là être malléable plein de certitudes mais pourtant si fragile, qui pense tout révolutionner, tout conquérir, tout dominer mais en fait il n'y a qu'un pauvre type qui n'a rien qu’un tissu d'apparence, de faux semblants, qui se croit arrivé et qui est toujours là.

Il est là devant son sac à souvenirs, sur son fauteuil à roulette à se raconter, pour duper qui encore ??? la chanson a été dite, l'air n'est qu'une ritournelle mais lui n'a plus rien à dire il a déjà vécu sa vie, grillée, dilapidée il ne lui reste plus rien que des cendres.

Portrait d'un petit dealer de banlieue qui croyait berner tout le monde et ne se berne même pas lui-même.

Que faut-il faire ? en rire ? ou en pleurer ?

On ne peut se laisser embarquer par sa verve, son discours est des plus conventionnels, tout ce qu’il raconte est du déjà vu...

Il ne nous impressionne pas avec ses armes, ses tournures expéditives, son argent facile et sa démerde à deux balles.

Il reste un de ces minus de la drogue, un de ces rouages interchangeable sans importance qui se croit arrivé au sommet, mais quel sommet ??

La fin est claire, explicative, tout a été dit, le constat est glaçant et sans appel.

Belle performance d'acteur qui reste toute la pièce assis dans son fauteuil, cloué, dévasté intérieurement.

La pièce de Hervé Mestron est soutenue, pas une pause, on suit pas à pas le récit de cette vie grâce au jeu dépouillé de Nicolas Zaaboub-Charrier qui investit totalement son rôle avec brio. Il est plus vrai que nature.

La mise en scène de Pascal Antonini est sobre, réaliste sans effets inutiles.

Bien appuyée par des lumières de Julien Barbazin qui ponctuent l'espace avec précision.

Un beau moment de théâtre.

Jean Michel Gautier

 

Cendres de Marbella

de Hervé Mestron
Mise en scène - Pascal Antonini

Avec Nicolas Zaaboub - Charrier

Lumières - Julien Barbazin
Accompagnement chorégraphique - Iffra Dia