Entête

CÉDRIC VILLANI

 

Au Club des Poètes

Le 10 février

 

loupe

 

Un moment exceptionnel de grâce poétique dans un lieu unique á paris…

 

Quelle merveilleuse surprise d’être envoûté émotionnellement et ébloui intellectuellement par la magie poétique… d’un de nos plus brillants scientifiques (lauréat de la médaille Fields, le « Nobel » des mathématiques en 2010), lors d’une soirée mémorable au Club des Poètes le mardi 10 février !

Cédric Villani, familier du lieu, publiait déjà en 2018 un ouvrage aussi étonnant que détonnant Les mathématiques sont la poésie des sciences (Flammarion). D’après lui, les deux disciplines sont cousines car elles nécessitent de la créativité dans un carcan de contraintes « Ce qui fait la réputation d’un grand mathématicien, c’est bien plus son imagination que sa rigueur… Mathématique et poésie sont deux métaphores du monde… » Précise-t-il en aimant rappeler la citation de la grande mathématicienne russe Sofia Kovalevskaïa « Nul ne peut être mathématicien, s’il n’a l’âme d’un poète »…

Dans l’écrin délicieux et intimiste du Club des Poètes, ce « Joyau » surdoué, ce « Shiva » inspiré de la créativité, aux multiples talents nous a offert une prestation des plus coruscantes, au souffle lyrique, lorsqu’il déclame Le Cimetière Marin de Paul Valéry, poète « passionné par l’articulation entre science et littérature », La Prose du Transsibérien de Blaise Cendras ou Le Livre de la Pauvreté et de la Mort de Rainer-Maria Rilke ; il habite, vit, vibre, incarne, transcende, apothéose les textes qu’il récite avec une passion et une nitescence éclatantes… Mais pas que ! Tout à coup, changeant de registre, notre Cédric se met à interpréter du Gaston Couté, poète beauceron et anarchiste… en patois : trois poèmes dont Le Champ de naviots, à mourir de rire…

Durant trois heures, Le Grand Villani, hypermnésique nous conte aussi la vie des poètes avec des anecdotes savoureuses concernant les contemporains célèbres rencontrés, de toutes obédiences, du Pape François au mathématicien et militant communiste Maurice Audin. Un vrai festival jouissif régalant autant nos neurones que nos émotions.

C’est en partie grâce à sa fréquentation du Club des Poètes depuis quelques années que son amour de la poésie est devenue révélation de ses talents de déclamateur…
Fondé en 1961 par Jean-Pierre Rosnay « Amis de la poésie, Bonsoir! », ce lieu charismatique a pour vocation de « rendre la poésie contagieuse et inévitable » et propose tous les soirs des spectacles, des rencontres, des récitals de poésie dite et chantée, avec tables ouvertes où l’on peut dîner et prendre un verre à partir de 19h.

On est accueilli chaleureusement par le délicieux Blaise Rosnay, digne fils de son père qui anime cet endroit avec autant de modestie que de talent. Mémoire du Club il connaît également un nombre extraordinaire de poèmes qu’il a plaisir à nous faire apprécier…

Laissons-lui le mot de la fin. Á propos de son ami Cédric Villani, il confie « Ce qui est stupéfiant, c’est l’ardeur et la passion avec laquelle il s’est jeté dans l’art de dire les poèmes. Il a appris TOUS les poèmes que nous disons au Club… En 50 ans, depuis mon enfance, je n’ai jamais été aussi impressionné par un tel sérieux, une telle énergie pour apprendre et faire partager son amour de la poésie »…

Il est impératif de venir découvrir cet endroit magique « anti-polluant de l’espace mental » où tout un aéropage de jeunes-gens (et moins jeunes) y portent et glorifient la bonne parole poétique…

Anne Revanne