Entête

L’ART D'ÊTRE MON PÈRE

 

Théâtre de la Reine Blanche
Passage Ruelle
75018 Paris

Jusqu’au 15 février
Vendredi 06/02 à 21h, Dimanche 08/02 à 18h, Mercredi 11/02 à 21h, Vendredi 13/02 à 21h, Dimanche 15/02 à 18h

 

loupe 

 

C’est une bonne dose de vitalité, d’humour et de nostalgie que distille Julie Timmerman dans ce seul en scène où elle évoque une année de sa petite enfance. L’année du CM2. Une année très spéciale où la directrice choisit, pour la fête de l’école, de présenter avec les soixante-et-un élèves un spectacle musical : Les Misérables, inspiré du chef-d’œuvre de Victor Hugo et de l’adaptation en comédie musicale qu’en a fait Robert Hossein quelques années avant.

Cette représentation, ce sera le propre père de la petite Zoé (double fictionnel de l’autrice) qui va se charger de la mettre en scène. Ce père est un homme de théâtre exalté, mais surtout, un homme en proie à des crises maniaco-dépressives qui ont provoqué le divorce d’avec la mère de la petite Zoé et le retrait de la garde de cet enfant. Plongeant dans ses souvenirs, Julie Timmerman, va nous faire vivre cette création qui restera pour la plupart des élèves (et pour tous leurs parents) une expérience extraordinaire, de ces expériences d’enfance capable d’influencer des vies entières car ce spectacle est monté comme un spectacle professionnel par ce metteur en scène exigeant et investi.

Julie Timmerman enfile avec une simplicité désarmante le costume de ce père mais également de la dizaine de personnages qui gravitent autour de ce projet : la prof de chant, le prof d’art plastique, la directrice, la mère… Elle ne cherche à aucun moment une exagération dans la représentation de ces différents caractères, et passe de l’un à l’autre et d’un lieu à un autre en une fraction de seconde, sans l’aide d’aucun artifice. Ni décor, ni accessoire, mis à part une chaise.

L’enthousiasme communicatif de ce père le jette corps et âme dans le projet, motivant de sa seule fascination pour Victor Hugo et de son érudition littéraire toute la troupe d’enfants qui le suivent de plus en plus volontiers dans cette exaltation pour les personnages emblématiques de l’œuvre : chacun devenant tour à tour Cosette, Fantine, Gavroche ou Jean Valjean. Un enthousiasme que l’actrice parvient à répandre sur son public tout en laissant ouvertes les quelques plaies que l’attitude du père de Zoé laissa dans son cœur d’enfant quand l’attitude extrême, fougueux et un peu fou de celui-ci devint une honte vis-à-vis de toutes ses petites et petits camarades.

Ce spectacle généreux et dynamique de Julie Timmerman (dont les mises en scènes précédentes de Un démocrate, de Bananas (and kings) furent de très belles réalisations) reste un hommage puissant à ce père et à travers lui à ces êtres hors normes, passionnés, désintéressés et amoureux de la beauté qui semblent comme en voie de disparition mais qui marquent à vie ceux qui ont la chance de les croiser dans l’aventure de la vie.

Poésie, poésie qui s’accorde mal à la réalité, mais qui ici, rempli pleinement son rôle de réconfort et de tendresse.

Bruno Fougniès

 

L'Art d'être mon père

De et par Julie Timmerman

Collaboration artistique et création lumières : Philippe Sazerat
Musique : Benjamin Laurent
Création sonore : Paul Guionie et Maxime Tavard
Costumes : Dominique Rocher

 

Tournée

20 mars à l’Espace culturel Boris Vian à 20h30 - Les Ulis (91)
26 et 27 mars 21h à La Touline - Azay sur Cher (37)
21 au 24 mai au Théâtre des Muses - Monaco
5 juin La Maison de l’eau Saint- Victor-de-Malcap (34)

 

AVIGNON OFF 2026

Du 4 au 25 juillet - Lieu à déterminer