Entête

LES ENFANTS C’EST MOI

 

Théâtre Paris Villette
211, avenue Jean Jaurès
75019 Paris
(01 40 03 72 23)

Jusqu’au 3 mai 2026.
Vendredi 19h, dimanche 15h30, mardi 14h30

 

loupe Photo Fabien Debrabandereimg

 

Cette pièce, écrite et mise en scène par Marie Levavasseur, raconte l’histoire d’une très jeune fille, c’est l’autrice qui insiste sur ce point, à peine sortie de l’enfance et qui se retrouve mère.

Dès le début, pourtant, peu d’éléments viennent réellement attester cette extrême jeunesse, si ce n’est une profusion de poupées, de peluches et d’objets enfantins. Mais ces accessoires pourraient tout aussi bien appartenir au « monde de l’enfant », comme l’appelle sa propre mère.

Une question se pose alors : à qui s’adresse ce spectacle ? Aux enfants, qui risquent de passer à côté de beaucoup de choses ? Aux adultes, que le ton adopté par l’interprète, excellente au demeurant, peut décourager ?

La jeune mère parle. Beaucoup. Un peu directive, parfois auto-centrée, elle déroule un flot de paroles presque ininterrompu. De temps en temps, elle laisse une place au musicien-chanteur Tim, qui intervient régulièrement et apporte un rythme bienvenu au spectacle. C’est un vrai atout.

L’actrice, maquillée comme une clownesse, joue souvent en voix de tête. Sa gestuelle, en revanche, reste étonnamment réaliste. Mais tout cela est-il vraiment au service d’un propos clair ? La question demeure.

Quant à l’intrigue, si intrigue il y a, elle reste assez floue. On peine à comprendre ce qui se joue. La jeune mère se réjouit d’être mère. Tout le monde est venu. L’enfant promet, dit-elle, il fera mille choses. Elle rêve de voyages lointains avec lui, après quelques considérations sur la manière de le nourrir.

Défilent ensuite la « mère des mères », qui prétend la conseiller mais se fait rembarrer, de vieux copains incrédules face à sa maternité, la grand-mère, le grand-père, des copines illustres. Un clin d’œil est adressé à Laurence Pernoud, autrice un peu oubliée de « J’élève mon enfant ». Même la Sainte Vierge est sollicitée, sans succès.

La jeune mère s’aventure ensuite dans la forêt : elle perd son enfant, s’inquiète, le retrouve, puis l’abandonne carrément. La réflexion sur l’abandon, pourtant prometteuse, s’interrompt brusquement.

En revanche, le décor et les accessoires sont une vraie réussite. Une féérie visuelle qui fonctionne admirablement, tout comme les lumières. Et surtout, le jeu de la comédienne, qui porte la pièce de bout en bout sans faiblir. Mention spéciale également au musicien.

Gérard Noël

 

Les Enfants c’est moi

Écriture et mise en scène Marie Levavasseur
Collaboration artistique Gaëlle Moquay
Avec Amélie Roman et le musicien-comédien Tim Fromont Placenti

Assistanat à la mise en scène Fanny Chevallier
Collaboration artistique Gaëlle Moquay
Conseils dramaturgiques Mariette Navarro
scénographie et construction Gaëlle Bouilly
Marionnettes Julien Aillet
Costumes et accessoires Mélanie Loisy
Construction Aumaury Roussel et Sylvain Liagre
Création lumières Hervé Gary
Régie plateau Gaëlle Bouilly ou Julien Bouzillé
Régie générale, lumière et son Julien Bouzillé, Vincent Masschelein ou Elwin Seydlitz