UNE HISTOIRE D’AMOUR

 

La Scala
13 Boulevard de Strasbourg
75010 Paris
01 40 03 44 30

Jusqu’au 15 novembre 2020
Du mardi au samedi à 19h, le dimanche à 15h ou 17h30

 

Une histoire d’amour loupe 

 

Cinq Molières, cinq pièces à Paris, un metteur en scène, Alexis Michalik. Le dramaturge présente simultanément son travail depuis « Le Porteur d’Histoire » écrit en 2013 à « Une histoire d’amour » jouée depuis 2020 à la Scala. Le succès est grand, l’attente d’autant plus.

Sur le plateau de la Scala, tout commence par une chanson entraînante que nous garderons en tête une fois la représentation terminée. Alexis Michalik a le don de saisir, par un travail de mise en scène exigeant, précis et beau. L’histoire se déroule, le décor évolue avec une facilité extraordinaire, le public est embarqué dans la danse. Le spectacle se termine par cette chanson, le public est debout, heureux, la larme à l’œil. Que s’est-il passé ?

C’est l’histoire de deux femmes qui s’aiment, elles veulent un enfant, cet enfant arrive mais l’une part pour un homme dont elle est tombée amoureuse. Il n’est pas si commun de voir deux femmes s’embrasser sur un plateau, s’aimer. L’auteur fait un clin d’œil à l’adoption du mariage pour tous en vidéo. C’est bien amené, sans grotesque, avec naturel. Alexis Michalik, par le dialogue, grâce au second degré, sort parfois du politiquement correct pour tenter de ne pas tomber dans l’écueil. Il est sur le fil.

Toutefois, cela ne suffit pas à faire un spectacle profond qui interroge, questionne, permet la mise en abyme. Le cadre semble progressiste mais les personnages manquent d’aspérités. Cette femme est tombée amoureuse d’une autre femme même si elle n’aime pas les femmes. Elle est tombée amoureuse d’un homme et fin de l’histoire. Pourquoi ? Est-ce une peur de la norme ? Est-ce qu’elle voulait porter son propre enfant ? Cela suffit-il à quitter quelqu’un ? Nous aurions aimé qu’un interstice apparaisse. Rien. La sœur tombe malade, le frère meurtri reprend goût à la vie grâce à sa nièce. Les fantômes sont là, aussi. Le jeu d’acteurs est trop lisse pour faire émerger la complexité, la singularité des personnages qui restent figés. L’histoire est belle, la mise en scène très réussie, la larme vient mais la profondeur manque.

Alexandra Diaz

 

Une histoire d’amour

un spectacle d’Alexis Michalik

avec Pauline Bression, Juliette Delacroix, Alexis Michalik, Marie-Camille Soyer,  et en alternance Lior Chabbat, Leontine d’Oncieu, Violette Guillon et Amélia Lacquemant

assistante à la mise en scène Ysmahane Yaqini
assistée de Clémentine Aussourd
décor Juliette Azzopardi
costumes Marion Rebmann
assistée de Violaine de Maupeou
lumières Arnaud Jung
vidéo Mathias Delfau
son Pierre-Antoine Durand
chorégraphie Fauve Hautot
perruques Julie Poulain
régie plateau Laurent Machefert
assistant régie Paul Clément-Larosière

 

 

Mis en ligne le 19 septembre 2020


Merci de cliquer sur J’aime

DERNIERS ARTICLES