NI COURONNE NI PLAQUE

 

Théâtre de Belleville
94 rue du Faubourg du Temple
75011 Paris
01 48 06 72 34

Jusqu’au 25 février,
lundi et mardi à 21h15, dimanche à 20h30

 

Ni couronne ni plaque loupePhoto  © Jules Audry

 

Une idée bien stimulante a initié cette pièce : faire un spectacle sur l’univers des pompes funèbres. Stimulante car la mort fascine, elle effraie autant qu’elle attire, elle est le seuil de la vie que tout le monde doit passer un jour, elle est l’énigme et aussi la prise de conscience que tous les humains réalisent et que toutes les civilisations ont tenté de se représenter.

La nôtre de civilisation s’est reposée sur les trois religions monothéistes qui sont bien d’accord sur le fait qu’après la mort existe quelque chose qui semble tout à fait formidable. Au point que la vie sur terre semble une punition. Au point que cette terre, et notre nature, et la nature en général qui génère toute vie soient devenues les ennemis à contraindre, à domestiquer ou à détruire. La civilisation a bien avancé dans ce sens.

Sans oublier l’étrange sensualité morbide que la Thanatos entretien avec Eros…

Ni Couronne ni Plaque commence à la manière d’un cabaret un peu surréel dans un cérémonial autour d’un cercueil qui se déroule dans une ombre recueillie. Sur un côté de la scène, un pianiste, et surgissant du fond, une femme éclairée d’une bougie raconte. La musique, une rythmique puissante, des déplacements chorégraphiés enchaînent cette représentation qui va nous faire découvrir l’univers des employés d’une pompe funèbre, leurs vies au quotidien.

Janice Szczypawka, qui a conçu, mis en scène et fait partie des comédiennes, a fait tout un travail d’investigation. Elle y a récolté les propos d’où est tiré le texte du spectacle et des détails sur les manipulations faites sur les cadavres et les rapports parfois difficiles que les employés ont avec les familles des défunts.

Le spectacle hésite entre ce réalisme documenté et un vrai point de vue théâtral. Des passages d’humour noir (principalement portés par la talentueuse Garance Bonotto et sa comparse très expressive  Fanny Jouffroy) emportent par moment la pièce vers une douce folie tandis que la narration réaliste et des scènes plus convenues retournent vers la représentation documentaire. Les choix manquent en général de radicalité, notamment dans une des scènes où le travail d’un thanatopracteur est représenté par la belle idée de peinture des organes et des veines sur le corps d’une des comédiennes. Pourquoi cacher cette nudité ? Cette sorte de pudeur nuit définitivement à la force de la scène.

L’idée de départ passionnante reste à la surface des choses, de manière presque objective, avec néanmoins des créations de personnages intéressants et une présentation des pratiques des pompes funèbres documentaires, le tabou, lui, reste tapis dans l’ombre.

Bruno Fougniès

 

Ce spectacle a reçu la mention spéciale du jury au Prix Théâtre 13, jeunes metteurs en scène 2019

 

Ni couronne ni plaque

Conception et mise en scène Janice Szczypawka
Lumières : Olivier Maignan
Composition musicale : Tristan Boyer
Scénographie, costumes : Janice Szczypawka
Conception cercueil : Philippe Szczypawka
Assistanat régie : Lison Foulou

Avec Garance Bonotto, Tristan Boyer, Camille Dordoigne / en alternance avec Juliette Blanchard, 

Ulysse Reynaud, Martin Jobert, Fanny Jouffroy & Janice Szczypawka

 

 

Mis en ligne le 14 février 2020


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