MARIE DES POULES

 

Théâtre Montparnasse
31 rue de la Gaité
75014 Paris
Tel : 01 43 22 77 74

Jusqu’au 20 décembre 2020,
du mardi au samedi à 20h30, le dimanche à 15h

 

Marie des Poules loupePhoto © Fabienne Rappeneau

 

Marie des poules est bonne. Dans absolument tous les sens du terme. Issue d’une famille très pauvre, la berrichonne de onze ans s’estime chanceuse de devenir servante au château de Nohant. Elle est promue assistante cuisinière et responsable de basse-cour. En cette seconde moitié du XIXème siècle, c’est normal. Ce qui est hors-normes, en revanche, c’est que la châtelaine, qui n’est autre que la dénommée George Sand, reconnaît d’emblée, et apprécie, la vivacité intellectuelle et la facilité d’adaptation dont Marie fait preuve au quotidien. Sand lui apprend alors à lire et à écrire, lui donne des rôles dans ses pièces de théâtre. La petite servante grandit et s’émancipe à vue d’œil, ce qui ne tarde pas à taper dans celui de Maurice, fils chéri-gâté-pourri de la célèbre maîtresse de maison. Et c’est dans l’ordre des choses, Maurice séduit Marie…

Cette histoire touchante, étonnante, raconte parfaitement une facette de l’envers du décor de la révolutionnaire, l’impressionnante George Sand, alias Amantine Aurore Lucile Dupin. La scandaleuse, si ouvertement engagée pour la cause des femmes, adulée de tous, se montra, sommes toutes, si conventionnelle et traditionnelle, lorsqu’il s’est agi de son fils. Nous sommes ainsi fort surpris, déçus même, d’apprendre que cette icône du féminisme naissant n’a nullement tiré la leçon du passé de ses propres père et grand-père paternel qui ont “fauté” de la même manière, et qu’elle a préféré garder tabou le rapport physique maître-domestique, pourtant flagrant d’injustice.

La pièce est une merveille, et le Molière 2020 pleinement mérité ! De même le Molière de la brillante Béatrice Agenin, comédienne-magicienne et pur enchantement. Elle est tout aussi émouvante en virevoltante fillette à l’accent berrichon, qu’en amante éperdue, et qu’en Sand désabusée.

Arnaud Denis met bien en scène, et pas seulement les caprices de fiston Maurice, qu’il incarne avec élégance.

Les costumes sont beaux, et les lumières vont avec. Ce n’est hélas pas le cas des décors avec, au centre du plateau, cet omniprésent petit château en carton-pâte plutôt mesquin comparé au reste.

Résultat des courses : on est conquis, et un brin nostalgiques aussi, on s’interroge sur le dur sort des servantes de l’époque, la condition de la femme aujourd’hui… Et si c’était vrai ? Et si c’était le but ?… Dans le mille !

Luana Kim

 

Marie des Poules

De : Gérard Savoisien
Mise en scène : Arnaud Denis

Avec : Béatrice AGENIN et Arnaud Denis

Décor : Catherine Bluwal
Lumières : Laurent Béal
Créateur sonore : Jean-Marc Istria
Création marionnettes : Julien Sommer - Le Théâtre des Marionnettes Parisiennes - Champs de Mars
Assistant à la mise en scène : Georges Vauraz

 

 

 

 

Mis en ligne le 28 septembre 2020


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