LES PASSAGERS DE L’AUBE

 

Théâtre 13 côté Jardin,
103A Bd Auguste Blanqui
75013 Paris  
01 45 88 62 22

Jusqu’au 9 février
du mardi au samedi à 20h, dimanche à 16h.

 

Les Passagers de l’aube loupe 

 

Violaine Arsac, jeune auteure, a tenté le mariage, non de la carpe et du lapin, mais d’une histoire d’amour avec une polémique scientifique.

Soit donc, le monde des neurochir(urgiens) et Noé, brillant doctorant qui veut changer en cours de route, son sujet de thèse : il préfère, malgré les avis contraires de son collègue Roman et de sa directrice (de thèse), s’intéresser à l’expérience de mort imminente (ou EMI. NDE en anglais)

L’histoire d’amour entre Noé et Alix (elle est photographe et "shoot" un peu partout dans le monde) est assez classique : leur couple évolue entre séduction physique et lettres envoyées. L’essentiel, ici, réside dans l’aspect scientifique de la pièce. C’est là le vrai sujet et si l’auteure pose pas mal de questions, elle n’apporte pas, et pour cause, toutes les réponses.

Il y a des revirements, bien sûr : Noé s’emballe, rencontrant le professeur Mercier qui se passionne pour cette question. Puis il doute. Hésite. Va jusqu’à séduire sa directrice de thèse pour qu’elle le suive dans sa démarche (?)

Mais il y a le cas d’un cancéreux qui, suite à un état de mort clinique, en réchappe. On constate alors une rémission au niveau de sa maladie. Noé le rencontre, l’écoute. Il retrouve des constantes dans ce témoignage : les notions de tunnel et de lumière blanche, le fait que le patient "revoit" sa vie et la revit. Ces diverses considérations s’enrichissent (et c’est intéressant)  du recours à la physique quantique : la matière ne serait pas QUE la matière et, disent les orientaux, la contraire de la mort n’est pas la vie... mais bien la naissance.

On voit que Noé se rapproche peu à peu du cœur du problème. Et celui-ci va le toucher d’encore plus près puisqu’ Alix est victime d’une explosion et meurt. Émotion.

La fin fait quand même un peu "forcée" et la pièce semble alors une justification du recours à une médium qu’entreprend Noé le scientifique pour tâcher de renouer le contact avec Alix. On pense bien sûr à Orphée en quête d’Eurycice. La trouvaille visuelle finale, que nous ne dévoilerons pas, assure une cohésion in extremis.

Qu’en conclure ? La partie amoureuse apporte de l’humain, mais pas autant que ne le croit l’auteure. La partie scientifique nous laisse un peu, et c’est dommage, sur notre faim.

Éléments positifs, la mise en scène soignée, qui regorge de trouvailles et surtout l’interprétation : Mathilde Moulinat se démultiplie avec talent et Nicolas Taffin, dans ses différents rôles est efficace. Le couple formé par Florence Coste et Grégory Corre est crédible. Grégory Corre se taille la part du lion : tout tourne autour de lui, de ses interrogations. Et son jeu est prenant.

Le mérite de l’auteure est d’avoir osé. Et son mérite de metteuse en scène est d’avoir mené à bien son propos, un propos qui ne laisse pas indifférent et justifie que l’on prenne le chemin du Théâtre 13, pour y accompagner ces "Passagers de l’aube".

Gérard Noël

 

Les Passagers de l’aube

Texte et mise en scène : Violaine Arsac

Avec : Grégory Corre, Florence Coste, Mathilde Moulinat, Nicolas Taffin.

Chorégraphies : Olivier Ménard. Lumières : Stéphane Baquet.
Décors : Caroline Mexme. Cosyumes : Clémentine Savarit.
Clin d’oeil musical : Stéphane Corbin

 

 

Mis en ligne le 15 janvier 2020


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