LES MISÉRABLES

Au Lucernaire 
53 rue Notre-Dame des champs
75006 Paris.
 01 45 44 57 34

Jusqu’au 7 Mai 2017
Mardi au samedi 20h00, dimanche 18h00

 

Les Misérables loupePhoto © Pierre Colletti 

Nul besoin de résumer cette saga hugolienne épique et romantique que le monde entier connaît. Il faut surtout s’attarder sur la fantastique adaptation de cette fresque sociale de quelques 1800 pages en une pièce d’une heure trente et c’est Manon Montel qui a réussi ce tour de force de manière si brillante qu’elle mérite sans contestation possible le prix d’excellence pour ce magnifique résultat et cet incroyable travail.

Car ne vous y trompez pas, tout y est, rien n’a été oublié. Même si elle reste de facture classique, cette adaptation s’est parée d’une empreinte aussi originale que particulière. C’est Mme Thénardier, qui, déjà morte, seule comme une chienne au fond d’une geôle, devient avec sa gouaille de faubourg et son piano du pauvre la narratrice de ce début d’histoire et lance les dés du destin de Jean Valjean, de sa condamnation pour vol jusqu’à sa mort.

La mise en scène est tout aussi efficace et bourrée de trouvailles avec bien évidemment un rythme qui ne vous laisse pas le temps de fermer la bouche tant il y a voir, à entendre, à écouter, à vivre, à souffrir. Valjean ( Stéphane Dauch) est incroyablement juste dans sa quête de rachat jusqu’à l’abnégation poursuivi par l’impitoyable Javert (Jean-Christophe Frèche) magnifique en serviteur borné et respectueux de la justice des hommes, les Thénardier image symbolique de la méchanceté ordinaire, la descente aux enfers de Fantine, les barricades, l’auberge du sergent de Waterloo, le café de la révolte qui gronde, Gavroche, le gamin de Paris, qui tombe par la faute à Voltaire, la fabrique de Monsieur Madeleine à Montreuil, avec sa cadence chorégraphiée sur une musique mécanique façon les Temps Modernes de Chaplin, l’inébranlable amour romantique de Cosette et Marius, le peuple victime, microcosme d’une société qui se meure sur fond de complaintes populaires et qui n’est pas s’en rappeler la nôtre. Une vie entière qui se déroule devant nous, domptée dans les mots et les idées de la plus belle manière et servie par huit comédiens de grand talent qui s’habillent de tous les acteurs de cette fresque titanesque. C’est beau, c’est magnifique, c’est émouvant, c’est à applaudir à se chauffer les mains et c’est bien sûr à voir le plus rapidement possible avant que ce ne soit complet tous les soirs.   

Patrick Rouet

 

Les Misérables loupe Photo © Pierre Colletti

Les Misérables

de Victor Hugo
Adaptation et mise en scène : Manon Montel assistée de Stéphanie Wurtz.

Avec : Dov Cohen, Stéphane Dauch en alternance avec Anatole de Bodinat, Claire Faurot, Jean-Christophe Frèche, Cécile Génovèse, Manon Montel, Léo Paget, François Pérache en alternance avec Xavier Girard.

Scénographie : Margaux Compte-Mercier.
Chorégraphie et musique originale : Claire Faurot.
Costumes : Patricia de Fenoyl assistée de Floriane Boulanger.
Lumière : David Maul

 

Mis en ligne le 29 mars 2017