LA BELLE HÉLÈNE

Théâtre du Châtelet
1 Place du Châtelet
75001 Paris
01 40 28 28 40

Jusqu’au 22 juin

 

La belle Hélène loupePhoto P. Sorin

Cette parodie de la mythologie grecque maintes fois jouée prend ici des couleurs encore plus folles grâce à la mise en scène et la scénographie de Giorgio Barberio Corsettin et Pierrick Sorrin qui y ajoutent le système vidéo déjà utilisé dans "La Pietra del paragone".

Foin des toiles peintes et des décors en carton pâte, rien de tel sur la scène.

Pour entourer les interprètes, un petit décor filmé dans une sorte de boîte qui sera projeté sur écran et où les personnages viendront s’incruster. C’est très technique et hautement réussi, permettant des effets surprenants, telle la magnifique scène du rêve ou d’autres plus inattendues, l’imagination des deux compères n’ayant pas de limites. C’est un Pâris qui arrive en bateau, un Ménélas qui s’envole en avion, un concours sous forme de jeu télévisé, un étonnant ballet de robes en ouverture du deuxième acte et bien d’autres encore.

C’est follement inventif, le seul reproche que l’on pourrait faire c’est que du coup on ne sait plus où regarder, des personnages en chair et en os sur le plateau ou de leur image sur l’écran !

 

La belle Hélène loupePhoto M.-N. Robert / Théâtre du Châtelet

Comme toujours chez Offenbach, c’est léger, joyeux, pétillant, avec une superbe Hélène interprétée par la magnifique mezzo soprano Gaëlle Arquez, sensuelle à souhait et belle à damner bien d’autres Pâris.

Légère déception sur la scène de l’arrivée des rois que j’ai connue plus enlevée, le principe de la présentation derrière un micro la rendant du coup par trop statique.

À noter parmi les interprètes, l’excellent contre ténor Kangmin Justin Kim dans le rôle d’Oreste, le reste de la distribution m’ayant paru un peu falot dans l’ensemble, avec un jeu « à l’ancienne » en total décalage avec l’esprit moderne de la conception, relevé par la présence de danseurs superbes et généreux et d’un mime-acrobate, Julien Lambert qui ajoute une grande fantaisie dans le déroulement de l’histoire.

Tel quel, voilà un spectacle réjouissant qui se regarde avec un plaisir que le public fort nombreux ne chercha visiblement pas à bouder.

C’est à voir jusqu’au 22 juin avec une diffusion en direct sur Arte le 21 juin à 15H00, sur le site Arte concert dès le 22 juin et sur France Musique le 27 juin à 19H00.

Nicole Bourbon

 

La belle Hélène loupePhoto Marie-Noëlle Robert/Théâtre du Châtelet

La belle Hélène

Musique : Offenbach
Livret : Henri Meilhac et Ludovic Halévy
Direction musicale : Lorenzo Viotti
Mise en scène et Scénographie : Giorgio Barberio Corsetti
Mise en scène, scénographie et vidéo : Pierrick Sorin
Costumes : Cristian Taraborrelli
Chorégraphie : Raphaëlle Boitel
Lumières : Gianluca Cappelletti

Avec :
Hélène, reine de Sparte : Gaëlle Arquez
Pâris (2, 4, 8, 10, 15, 17,19 et 21/06) : Merto Sungu
Pâris (6, 12,14 mat, 22/06) : Jesus Leon
Oreste, fils d'Agamemnon : Kangmin Justin Kim
Ménélas, roi de Sparte : Gilles Ragon
Calchas, Grand Augure de Jupiter : Jean-Philippe Lafont
Agamemnon, roi des Rois : Marc Barrard
Achille, roi de Phtiotide : Mark van Arsdale
Ajax I, roi de Salamine : Raphaël Brémard
Ajax II, roi des Locriens : Franck Lopez
Loena : Rachel Redmond
Bacchis : Jennifer Michel
Partœnis : Je Ni Kim

Orchestre : Orchestre Prométhée

 

 

Mis en ligne le 5 juin 2015

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