Entête

MÉDÉE D’ARÈS

 

Théâtre des 3 Raisins
15 rue Thiers,
84000 Avignon  

à 11h

(relâche les jeudis)

loupe 

 

Qui ne connaît pas l’histoire mythique de Médée ? Cette femme étrangère qui accueille Jason et les Argonautes venus conquérir la toison d’or. Elle tombe amoureuse de Jason, ils auront deux fils, mais Créuse, plus apte à devenir reine, s’unira avec Jason, et Médée enflammera la robe de Créuse qui succombera… Ce que tout le monde sait, c’est que Médée a tué les deux fils nés de son amour pour Jason, par vengeance envers sa rivale.

Cette nouvelle création, texte écrit par Jérôme de Leusse, nous raconte l’histoire de cette femme, Médée, son parcours : elle a été fille, adolescente et femme.

Le spectacle commence alors que ses crimes sont commis. Médée entre en scène avec du sang sur les mains. Elle viendra se les laver en remontant le fil de l’histoire. C’est une femme coupable d’être étrangère, de ne pas se soumettre aux lois de l’amour et du pouvoir.

Elle se bat pour se conquérir elle-même, affirmer son être-femme dans un monde hostile de guerriers et d’honneur.

Médée d’Arès : savoir qu’Arès était un combattant, protecteur des femmes et des hommes ; les femmes l’aimaient parce qu’il les divertissait.

La toile du fond de scène sera un partenaire essentiel du spectacle : au tout début, on découvre, éclairée par derrière la toile, une ombre de ce qui sera Médée ; on imagine Athènes et le peuple présent. Puis Médée se faufilera sur scène à travers la toile, sorte de costume, de peau, qui signifiera l’intérieur et l’extérieur de son corps, de son esprit. Cette toile est un mélange de traces, de reliefs suggérant des corps, des boyaux, un parchemin peut-être… Elle animera le récit grâce à la vibration de l’éclairage passant par différentes intensités et couleurs, rythmant avec la musique notre écoute du spectacle, en écho au texte. Tout est organique. Outre Médée, c’est le masque du choryphée qui apparaîtra et disparaîtra dans une fente de la toile, portant la parole de l’opinion publique, puis ce même personnage reviendra sur scène.

Le texte est joué par la grande tragédienne Isabelle Krauss : elle est exceptionnelle. Elle joue également le choryphée masqué, rajustant sa voix. Son jeu est puissant, tendu jusqu’au bout, voix ancrée dans la terre, diction parfaite, corps chorégraphié, énergique. Elle s’adresse à nous et au monde entier. Sa performance s’apparente au théâtre total. Tout est organique dans cette proposition.

En tant que femme, elle conseillera toutes les filles et femmes d’hier et d’aujourd’hui : le pouvoir n’appartient pas qu’aux hommes.

Un coup de cœur du Festival d’Avignon Off 2026.

Claire Coursange

 

Médée d’Arès

Texte : Jérôme de Leusse

Mise en scène et interprétation : Isabelle Krauss

Scénographie : Pomme Biache
Création lumière : Günther Leschnik
Univers sonore : Pierre-Marie Trilloux