LE CIRCUIT ORDINAIRE
Théâtre du Girasole
24 bis rue Guillaume Puy
84000 – Avignon
du 3 au 25 juillet (relâche 8, 15, 22)
à 13h35
Dans un de ces pays où règne une dictature, où la délation est chose courante, un homme du régime, dans un commissariat de police, avoue son fonctionnement quotidien : il dénonce et fait emprisonner sans états d’âme. Sa vie prend toute sa saveur derrière ses dénonciations, qu’elles soient justifiées ou non ; peu importe, ce n’est pas à lui d’en juger. Il est vrai qu’il prend un réel plaisir à dénoncer, à faire mettre en prison même des amis ou des membres de sa famille. Rien n’est un obstacle, car lui ne fait que dénoncer : ensuite, c’est le travail des autres d’accuser et d’incarcérer.
Ainsi, dans cette société, il y a ceux qui accusent et ceux qui sont accusés.
Une société un peu immonde, où n’importe qui peut être accusé, une société où tout tient au bon vouloir de ces délateurs, de ces hommes qui avouent se tromper parfois. Ils font jeter en prison, même, leurs amis ; peu importe, ce n’est pas à eux d’en connaître les motifs réels ni la certitude.
Le délateur avoue prendre un réel plaisir à dénoncer. Il reconnaît se tromper, mais ce n’est pas son travail : il dénonce, un point c’est tout.
Le décor est sommaire : un bureau et quelques dossiers ; plus loin, un autre bureau avec une femme. Est-ce une secrétaire ou une femme de ménage ? Le délateur n’a pas besoin de grand-chose : il vit ainsi, faisant emprisonner tous ceux qu’il suppose être des obstacles à la nation.
Portrait d’une société où personne n’a de tranquillité : à tout moment, on peut vous accuser.
Yann Collette et Stéphane Bierry sont excellents dans la peau de ces personnages sans scrupules.
Jean-Michel Gautier
Le Circuit ordinaire
de Jean Claude Carrière
Mise en scène Alexandre Tchobanoff
Avec Yann Collette, Stephane Bierry et Prisca Lona
Mis en ligne le 22 juin 2026
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