Entête

L'EMPEREUR DES BOULEVARDS

 

Théâtre du Verbe Fou
Rue des infirmières
84000 – Avignon

Du 3 au 25 juillet
Relâche les 8, 15 et 22 juillet

à 17h40

loupe 

 

En entrant dans la salle ou plus exactement dans un salon mondain, les cinq acteurs, magnifiquement vêtus dans le pur style des années 1900, devisent. Au centre, sur une chaise d’époque, une moustache gaillarde et bien connue souligne le visage de « Georgy ». Comme certains le savent, il s’agit du surnom de Georges Feydeau.

La vie de cet écrivain, parfois peintre à ses heures, nous est dévoilée d’une façon plus qu’originale. Sa quête permanente de reconnaissance, à tout prix, est source de bien des tourments. Serait‑il vraiment descendant de l’empereur ? Son désir de conquête, tant sur scène que dans les lits et chez Maxim’s, reste son boulet, celui qui l’attire vers le gouffre.

Nous rencontrons ses amis, dont Sacha Guitry et Marie‑Anne Carolus‑Duran, qu’il épousera en 1889. Nous découvrons ses débuts difficiles, puis sa réussite, due à son acharnement. Nous le voyons après le départ de son épouse, puis dans son aventure avec un homme, et enfin face à la cocaïne. Un être éthéré, ange, homme ou femme, vient le conseiller ou le subjuguer. La syphilis finira par avoir raison de son esprit.

Les acteurs sont d’une intensité, d’un réalisme et d’une crédibilité remarquables. Leur identité colle à leur peau malgré la multiplicité des personnages qu’ils incarnent — une trentaine. La diction de ce texte, écrit « à l’ancienne », est impressionnante par sa netteté et sa puissance.

La mise en scène est époustouflante, et quel travail du régisseur plateau ! Les costumes, robes et gilets à gousset, virevoltent et deviennent autant de repères pour comprendre qui est qui. Le détail des accessoires et des vêtements est tout à fait remarquable.

Le technicien lumière ajoute autant de traits de pinceau que de puissants projecteurs pour créer des atmosphères.

C’est du grand théâtre : on s’amuse souvent, on s’apitoie parfois, et l’on se surprend à penser très fort : « Ouah ! »

Citation de Feydeau :
« Le vice, c’est ce qui est agréable. La vertu, c’est ce qui est pénible. »

Dominique Mesle

 

L'Empereur des boulevards

Mise en scène : Olivier Schmidt
Avec : Vincent Albaracin, Damien Cochin, Carla d’Emilia, Julie Fidel, Kevin Maille