Entête

CRYSTAL CLEAR

 

Théâtre de l’Oriflamme

à 16h05

loupe 

 

La cécité dans le rapport à l’autre, en amitié, en couple.

 

Un premier tableau où Richard, encore voyant, est en couple avec une femme aveugle. Il fait tout pour l’accueillir dans son appartement, lui fait une visite détaillée.

Une deuxième partie où lui-même est en train de devenir aveugle, et une autre amie, voyante, vient à son tour l’aider, le soutenir, sans grande réussite dans la descente de Richard vers sa cécité.

Un troisième tableau où Richard, devenu aveugle, partage les difficultés de sa relation amoureuse, au quotidien, tant au niveau physique dans son rapport de corps avec la femme qu’il aime, celle du premier tableau.

La cécité de l’un et de l’autre se vit dans l’autre, dans sa relation à l’autre. Le passage du voyant au non-voyant, chez Richard, détermine d’une part sa compréhension de la cécité de sa femme, mais en même temps lui permet de découvrir son propre repli, son rejet de l’extérieur, sa descente en soi-même.

Au plateau : deux actrices et un acteur.

Les deux comédiennes se relaient aux didascalies du texte qu’elles disent en direct, et l’acteur, qui joue Richard, est le fil conducteur de l’histoire, qui se canalise autour de lui, avec toutes ses étapes de mise à l’épreuve de sa propre cécité.

Le décor est constitué de deux cubes avec du relief en braille, très facilement amovibles.

Les scènes sont bien écrites, analysant le handicap au-delà de lui-même : c’est le rapport de couple, d’amitié, qui prédomine. Une mise en scène sobre, tout repose sur le jeu des interprètes, en écoute et en finesse. Le traitement du handicap permet d’aller plus directement, avec acuité, à l’essentiel du rapport homme-femme.

Belle découverte au théâtre de l’Oriflamme !

Claire Coursange

 

Crystal Clear

Texte de Phil Young

Adaptation et mise en scène de Thierry Harcourt

Avec : Rebecca Chateau, Jean-Nicolas Gaitte, Clara Huet