LES BOUGRES |
Vingtième Théâtre Le Maquis, compagnie d'Aix en Provence, part à la conquête de Paris pour nous raconter une autre épopée, celle de la croisade contre les hérétiques à Carcassonne en 1209. Rappelons que le mot Bougre vient de Bulgares, les croyances de ces derniers pouvant s'apparenter à la foi des cathares. Comment vous raconter ce spectacle hors normes, d'une inventivité et d'une originalité folles, sans trop en dévoiler pour laisser intact le plaisir de la découverte ? Comment traduire en mots ce qui met joyeusement à nu tous les artifices du cinéma et projette le spectateur en pleine guerre de religion dans une reconstitution hilarante et brillante avec, sur une scène de théâtre, des chevauchées éperdues dans la forêt, des meurtres, des scènes d'amour torrides, qui m'ont irrésistiblement rappelé le cultissime Monty Python sacré Graal. C'est drôle, techniquement très réussi, les gags se succèdent, entremêlés aux textes oubliés des poètes du XIIIème siècle joués ou chantés en occitan, sous la houlette magique de Nicolas Hurtevent. Les comédiens sont au diapason, avec peut être une mention spéciale à Florence Hautier tout à fait ébouriffante dans une suite de numéros divers et variés, qu'ils soient déjantés ou dramatiques. On est captivé par ce qu'on voit dans ce spectacle d'une incroyable richesse, trop peut-être, car personnellement j'avoue en avoir perdu le fil de l'histoire qui du coup apparaît un peu comme un simple prétexte alors qu'elle mérite davantage, la forme du coup prenant le pas sur le fond. Mais l'ensemble fait preuve d'une belle créativité et vaut d'être vu tellement il est hors des sentiers battus.
Nicole Bourbon
Les bougres Auteur : Pierre Béziers Mise en scène : Pierre Béziers
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