UNE HEURE AVANT LA MORT DE MON FRÈRE

THÉÂTRE GIRASOLE
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12h20

Une heure avant la mort de mon frère

 

C’est le parloir de la prison. Sally vient rendre une dernière visite à son frère Martin avant qu’il soit pendu. Une dernière heure passée ensemble eux qui ne se sont pas vus depuis quatre ans.

Le texte de Daniel Keene évoque à la fois la mémoire commune et le lien terriblement compliqué qui peut unir un frère et une sœur. De cette situation totalement désespérée, il tente de faire jaillir la vie, et d’apaiser par les mots, les cicatrices laissées par le temps. Cet auteur est habitué à plonger ainsi ses personnages dans des situations extrêmes pour les obliger à démolir leurs défenses et faire parler leurs vrais sentiments.

Dans cette histoire, Martin et Sally n’ont pas vécu une enfance dans les couleurs pastel. Ce sont deux enfants d’un milieu populaire en ruine. La mère morte lorsque lui n’avait que cinq ans, le père assombrissant sa vie dans l’alcoolisme, le frère et la sœur se sont retrouvés seuls face au monde dès leur plus jeune âge.

Ils sont tous les deux durs, au langage sans fioritures, habitués à arracher à la vie ce dont ils ont besoin.

Mais dans ce face-à-face final de la relation fraternelle, un secret profond les possède : ce jour où, devenus grands, ils s’aimèrent comme un homme et une femme.

Toute cette plongée dans le passé se déroule dans un décor fait de lignes, de panneaux de tulles, de grilles et de projections de barreaux qui enferment les deux personnages dans la prison. Par moment, lors de saynètes où tous deux font vivre le personnage de leur père un peu comme un psychodrame, les murs s’ornent par projections de ces fleurs que l’on trouve sur les anciens papier-peints, comme si, par la magie de l’imaginaire, nous nous retrouvions soudain dans la maison paternelle.

Il y a dans cette pièce, parfaitement bien donnée par Sophie Neveu et Francis Ressort, la pudeur des sentiments que les gens humbles et défavorisés par le système, portent en eux. Une pudeur qui cache les sentiments d’amour et met au grand jour la haine et la colère, par peur de la faiblesse, par peur de l’abandon. Une jolie esquisse de sensibilité.

Bruno Fougniès 

 

Une heure avant la mort de mon frère

Texte de Daniel Keene

Traduction : Séverine Magois 

Mise en scène : Antoine Marneur 
Scénographie : Garance Marneur 
Chorégraphie : Cécile Loyer 
Costumes : Anne Bothuon 
Lumières : Baptiste Rilliet 
Réalisation vidéo : Nicolas Maisse 
Bande son : Nicolas Rocher 

Avec : Sophie Neveu, Francis Ressort 

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Mis en ligne le 23 juillet 2015

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