MADEMOISELLE FRANKENSTEIN

À la Folie Théâtre
6 Rue de la Folie Méricourt
75011 Paris
Tél : 01 43 55 14 80

4ème saison

du 2 septembre au 26 novembre 2016
tous les vendredis et samedis à 21h00
Représentation exceptionnelle spéciale Halloween le 31 octobre 2016 à 20h.
Relâches les 30 septembre, 1er, 21 et 22 octobre 2016

 

loupe

 

Si on sait tous qui est Frankenstein, c'est surtout grâce aux adaptations cinématographiques ou théâtrales. Peu connaissent en revanche le roman lui-même et encore moins son auteur Mary Shelley qui l'écrivit à seulement 19 ans.

La pièce conçue par Thierry Debroux se penche sur la personnalité de l'écrivain et pose le problème de la création : celle du monstre par le docteur Frankenstein et comme en miroir celle d'un ouvrage par un romancier dans un habile mélange entre récit historique et voyage fantastique dans un monde imaginaire, hanté par les ombres du passé.

Frédéric Gray et Géraldine Clément mettent en scène avec une sobriété qui en fait toute la force, ce duel entre Mary Shelley elle-même et un certain Lazzaro Spallanzani décidé à percer le mystère qui a poussé une si jeune fille à inventer une telle histoire.

Dans un huis clos psychologique oppressant, inquiétant et cruel, il va tenter de comprendre ce que cache une imagination si effrayante.

Dans une superbe joute verbale où l'intérêt ne faiblit jamais, ils vont s'affronter pour finir chacun par se révéler.

Peu de décor : en fond de scène, un immense voilage qu'un souffle léger agite de temps à autre, et sur le plateau un simple fauteuil. Derrière le voilage, un laboratoire avec pipettes et cornues.

Éclairage discret, un orage qui gronde dans le lointain : l'atmosphère est créée.

Et dès le début on est littéralement happé par ce qui se passe sur scène comme hypnotisé par la tension palpable qui baigne l'œuvre.

Et subjugué, impressionné, par Frédéric Gray qui révèle ici combien il est un immense acteur.

Dans un jeu tout en nuances, tour à tour machiavélique ou tendre, violent ou séducteur, effrayant avec ses yeux hallucinés, ses gestes doucereux, ou attendrissant en double d'un monstre dans lequel il se reconnait avec angoisse, il ne nous lâche pas un instant jusqu'à la fin bouleversante.

Christelle Maldague incarne avec subtilité, retenue et toute l'ambiguïté que requiert son personnage, une Mary Shelley amenée peu à peu à affronter ses démons.

Deux êtres perdus et éperdus pour une interrogation haletante sur les dangers d'une création non maîtrisée.

Notre époque ne crée-t-elle pas des Frankeinstein dépassés par leurs inventions qui finiront peut-être un jour par se retourner contre nous?

Rappelons que ce spectacle a remporté le P’tit Molière 2014 de la meilleure scénographie et le P’tit Molière 2014 de la meilleure affiche.

Nicole Bourbon

 

 

Mademoiselle Frankenstein

de Thierry Debroux
Mise en scène de Frédéric Gray et Géraldine Clément

Avec Frédéric Gray et Christelle Maldague 

Bande son de Hugo Magagnin et Matthieu Dessemme 
Décor de NoArt
Affiche de Matéo et Sandrine Terragno

 

Mis en ligne le 7 décembre 2013
Actualisé le 28 août 2016