FABIO MARRA – CATHERINE ARDITI

Rencontre avec Fabio Marra auteur et Catherine Arditi comédienne

Pour la pièce « Ensemble » qui se jouera à Avignon du 4 au 26 juillet à La Luna à 19h30

 

Fabio Marra
Catherine Arditi Catherine Arditi

 

 

Rencontrer Fabio Marra, auteur que j’avais découvert avec un spectacle remarquable Dans les chaussures d’un autre, et Catherine Arditi, grande comédienne dont j’admire depuis toujours la présence et l’épaisseur qu’elle sait donner à ses personnages, voilà une proposition qui m’enchante réellement.

En les écoutant l’un et l’autre, je me dis qu’indéniablement ces deux là devaient forcément travailler un jour ensemble tant ils sont tous deux enthousiastes, passionnés tout en faisant preuve d’une grande exigence.

C’est chose faite avec la dernière œuvre de l’auteur « Ensemble » qui sera créée cet été au festival d’Avignon :

— C’est un peu le hasard qui nous a réunis, raconte Fabio J’ai rencontré au Théâtre de Poche de Montparnasse Rachel Arditi, la petite soeur de Catherine. Elle venait de voir ma pièce "Teresina". Comme je devais ensuite partir au Festival d'Avignon avec la pièce Dans les chaussures d'un autre, j'ai pensé à elle pour lui proposer un rôle dans la pièce. Elle n'était pas libre mais m'a demandé où en était la pièce que j'étais en train d'écrire. Je lui donne le texte, elle le lit et me dit « Voilà un rôle pour ma sœur, Catherine. » Moi je n’aurais jamais osé la contacter. Et puis tout s’est fait très vite, et Catherine porte vraiment la pièce, elle crée un personnage auquel on s’attache rapidement.

— Et ma sœur me fait lire ce texte confirme Catherine Et immédiatement je suis conquise par cette écriture, ce qui est toujours un de mes premiers critères pour accepter un rôle.

Fabio Marra a effectivement un style qui se remarque, riche et profond, étonnant lorsqu’on sait qu’il écrit dans sa langue maternelle. Et qu’il est arrivé en France il y a seulement dix ans sans parler un seul mot de français.

— Quand on me parlait, je disais toujours Oui oui. Comme ça tout le monde était content. Si je disais non, il aurait fallu ensuite expliquer pourquoi ! 

Il écrit donc en napolitain, qu’il traduit ensuite en Français.

— Ce qui demande beaucoup de travail car chaque langue possède ses propres tournures. C’est souvent à la mise en scène que je me rends compte si ça fonctionne ou pas. Il faut alors réécrire. Toujours penser qu’on n’écrit pas pour se faire plaisir mais pour donner. Que le spectateur ressente les émotions. Que chaque réplique soit utile. Il faut rester humble.

Catherine trouve là encore une fois un personnage fort.

— C’est un très beau rôle, Fabio sait écrire pour les acteurs. Il a aussi plein de trouvailles intéressantes de mise en scène. Et il est très précis dans sa manière de diriger.

— J’étais un peu intimidé par Catherine, précise Fabio, de me trouver face à quelqu’un comme elle, avec sa carrière. Mais c’est très agréable de travailler avec elle. Elle est très à l’écoute.

— C’est vrai que je suis studieuse me dit-elle. Et puis je suis heureuse de travailler avec cette jeune troupe, ce sont des jeunes gens talentueux et qui ne sont pas blasés. C’est très enrichissant. Et Fabio sait écrire pour les acteurs car il est aussi comédien et metteur en scène.
C’est toujours passionnant de travailler des auteurs contemporains, j’aime partir à leur découverte, les défendre. La prise de risque fait partie du métier. Nous ne sommes pas des fonctionnaires.

Ce qu’il aime, lui, Fabio, c’est travailler sur les rapports humains, l’émotion, les sensations fortes, c’est pourquoi toutes ses pièces tournent autour d’un thème puissant, posent des questions auxquelles il se garde bien de répondre laissant le spectateur face à ses doutes ou ses convictions. 

— La question posée dans Ensemble est celle de la normalité. Qu’est-ce qu’être normal ? Je n’en sais rien moi-même ce que j’espère simplement c’est changer le regard des gens sur ceux qui ne sont pas comme nous. Qu’on ne les considère pas comme des êtres à part.

Dans deux mois, ils seront à Avignon. Pour Catherine, ce sera la deuxième fois

— Je suis déjà venue il y a cinq ans, au Petit Chien. Dans une adaptation de Shakespeare mis en chansons sur des musiques de mon fils. Mais on ne m’a jamais rien proposé dans le In !

Fabio lui est un habitué de La Luna où la pièce se jouera à 19h30.

— C’est une belle salle qui offre une programmation intéressante. C’est important car beaucoup de festivaliers choisissent aussi en fonction de la salle. Et c’est un bon horaire.

— Ça a achevé de me convaincre avoue Catherine dans un éclat de rire. Car Avignon c’est terriblement fatigant, avec le monde, le bruit, la chaleur. Je ne me voyais pas terminer très tard ou commencer trop tôt. C’est important de pouvoir se reposer car il faut être en forme ensuite sur scène. Et le soir, je pourrais aussi voir d’autres spectacles.

Rendez-vous donc à Avignon dès le 4 juillet pour ce qui sera sans nul doute une belle découverte.

Nicole Bourbon

 

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